Le défi
L'esprit du voyage
Chacun trouve en montagne ce qu’il y cherche. Pour la plupart d’entre nous, il s’agit de partager des moments d’exception avec des partenaires dans un environnement superbe et exigeant. Que nous choisissions de se fixer des objectifs ambitieux ou de simplement trouver du plaisir en montagne, c’est là toute la beauté de cet espace de liberté.
Cette diversité d’approches s’applique à chaque défi que la montagne propose : un premier 3 000 m, les sommets alpins de 4 000 m, les « Fourteeners », les sept sommets ou les géants de 8 000 m. Certains se concentrent sur la vitesse, les records ou les enchaînements ; toutes ces expressions d’une même passion sont valables.
Quand j’ai lu pour la première fois le récit de Richard Bass — le pionnier des sept sommets — j’ai tout de suite été séduit par l’idée de découvrir les sept continents pour en gravir les points culminants. Conciliant une carrière professionnelle à temps plein et un budget limité, mon but n’a jamais été de courir après les records ou la compétition. Pour moi, ce projet était simplement une « excuse » pour grimper des sommets mythiques.
Cette aventure a duré cinq ans. Elle a demandé une énergie considérable et a apporté son lot de stress et d’épreuves, mais elle a surtout été la source d’une joie et d’une émotion profondes. Mon seul regret est de ne pas avoir eu plus de temps pour profiter encore davantage de ces lieux exceptionnels. J’espère que ces pages permettront de partager cette expérience et d’offrir des informations utiles à ceux qui ressentent l’appel de ces horizons.
Bass et Wells : une idée visionnaire
Il y a plus quarante-cinq ans, le monde était bien différent. Il n’y avait ni GPS, ni téléphones satellites, ni accès instantané aux prévisions météo. Dans ce contexte, l’idée de voyager sur les sept continents n’était pas seulement un exploit physique, c’était un défi logistique et politique de premier plan.
Quand Richard Bass et Frank Wells ont conçu ce projet au début des années 80, ils partaient vers l’inconnu. Atteindre le massif Vinson en Antarctique demandait une organisation inédite, tandis que gravir le mont Elbrouz en Union soviétique imposait de franchir les barrières géopolitiques complexes de la guerre froide.
Avant Bass, l’alpinisme de haute altitude se concentrait presque exclusivement sur les géants techniques de l’Himalaya ou des Alpes. Bass a introduit une nouvelle philosophie : l’alpinisme topographique. Sa vision consistait à faire l’ascension du point culminant de chaque continent, déplaçant la perspective de la pure difficulté technique vers une exploration plus large.
Le 30 avril 1985, Dick Bass a atteint le sommet de l’Everest, devenant la première personne à relever le défi. En surmontant les obstacles culturels et politiques de sept continents, il n’a pas seulement gravi des montagnes ; il a fait le lien entre l’ère de l’exploration classique et celle de l’aventure moderne mondiale.
Les listes Messner contre Bass
Shortly after Richard Bass completed his project, a debate arose regarding the geographical boundaries of the continents. Bass had climbed Mount Kosciuszko (2,228 m) as the highest point of Australia. However, Reinhold Messner argued that the challenge should encompass the entire Australasian continent, identifying Carstensz Pyramid (Puncak Jaya, 4,884 m) in Indonesia as the true peak.
This led to the « Messner List, » which replaces an easy trek with technical limestone climbing. As I mentioned in the introduction, because this challenge is a personal journey, everyone is free to choose their own version. Since I was seeking discovery and adventure, I opted for Carstensz Pyramid, and I was certainly not disappointed.
7 sommets
Mon parcours à travers les sept sommets
J’ai commencé cette aventure avec Anna sur le Kilimandjaro, en effectuant une traversée par la voie Machame. Peu après, alors que je travaillais aux États-Unis, j’ai gravi le Denali (également connu sous le nom de mont McKinley).
J’ai ensuite entamé une longue préparation pour l’Everest en m’attaquant à l’Aconcagua, au Marathon des Sables et au mont Elbrouz. L’intégration d’une course de désert peut paraître surprenante, mais mon entraînement reposait sur une combinaison d’alpinisme technique (TD/ED), d’expéditions en haute altitude, de préparation au froid et d’ultra-endurance.
Après l’Everest, j’ai réalisé une ascension express du mont Vinson, et je regrette de ne pas avoir eu plus de temps pour explorer d’autres sommets en Antarctique. Quelques mois plus tard, j’ai conclu ce défi à la pyramide Carstensz.
Financement et partenariats
On me demande parfois comment j’ai financé mes expéditions. La réponse réside dans un mélange de sponsors, de partenariats avec des marques d’outdoor, de conférences et, bien sûr, de ma carrière professionnelle dans le management informatique et l’ingénierie, en parallèle d’une activité de coaching et d’ouverture de voies.
Ma collaboration pendant de nombreuses années avec une dizaine de grandes marques de sport a été une expérience passionnante. Contribuer aux spécifications des produits, discuter des défis techniques avec les ingénieurs et les équipes marketing, et tester le matériel en conditions réelles avant sa mise sur le marché a été un processus très enrichissant.
Un autre aspect clé a été la gestion du coût de ces expéditions. Pour la plupart de mes ascensions, j’ai opté pour une logistique légère ou des voyages organisés entre amis. Cela m’a permis de réaliser ces projets à un coût quatre à six fois inférieur aux prix des expéditions commerciales standards.
Les sept sommets : que le voyage commence...
Aconcagua - 6 961 m
Amérique du Sud
Situé dans les Andes argentines, l’Aconcagua est le point culminant des hémisphères Ouest et Sud. Il se trouve dans le parc provincial de l’Aconcagua, près de la frontière chilienne.
Difficulté technique : la voie normale est une randonnée de haute altitude non technique. Il n’y a pas d’escalade à proprement parler, mais comprend des éboulis raides et des conditions de neige variables. Les principaux défis sont l’altitude de 6 961 m et les vents violents.
Durée de l’expédition : un itinéraire standard dure de 18 à 21 jours pour permettre une acclimatation adéquate et pallier les aléas météo.
Meilleure saison : la période d’ascension s’étend de décembre à février, pendant l’été austral.
Denali - 6 190 m
Amérique du Nord
Situé dans la chaîne de l’Alaska, le Denali est le plus haut sommet d’Amérique du Nord. Sa latitude élevée crée une atmosphère plus rare et des conditions arctiques extrêmes.
Difficulté technique : coté « Alaska Grade 2 ». La voie de l’éperon Ouest (West Buttress) passe par de longues progressions sur glacier, des crevasses et des ascensions en neige et glace. Les alpinistes doivent être autonomes, transportant tout leur matériel et leur nourriture sur des traîneaux et des sacs à dos. La principale difficulté est l’altitude de 6 190 m et le mauvais temps.
Durée de l’expédition : une expédition standard dure généralement de 17 à 21 jours, incluant les portages et les attentes météo.
Meilleure saison : la période d’ascension se limite à mai et juin pour éviter le froid extrême du début de printemps et l’instabilité des glaciers en fin d’été.
Kilimandjaro - 5 895 m
Afrique
Situé en Tanzanie, le Kilimandjaro est le plus haut sommet d’Afrique et la plus haute montagne isolée au monde. Il se compose de trois cônes volcaniques : le Kibo, le Mawenzi et le Shira.
Difficulté technique : l’ascension est une randonnée de haute altitude. Aucun équipement d’escalade n’est requis, mais le gain rapide d’altitude fait de l’acclimatation la principale difficulté.
Durée de l’expédition : les expéditions standards durent de 6 à 9 jours. Les itinéraires plus longs (comme Machame ou Lemosho) sont préférables pour une meilleure acclimatation.
Meilleure saison : les saisons sèches de janvier à mars et de juin à octobre offrent les meilleures conditions.
Mont Elbrouz - 5 642 m
Europe
Situé dans la chaîne du Caucase en Russie, le mont Elbrouz est un volcan endormi à double cône et le point culminant de l’Europe.
Difficulté technique : randonnée glaciaire modérée. L’ascension demande des bases en alpinisme, notamment l’usage des crampons et du piolet. Les principaux dangers sont les changements météo brutaux — en particulier le vent — et l’exposition à l’altitude sur de grandes pentes glaciaires.
Durée de l’expédition : un itinéraire standard dure généralement de 7 à 10 jours, incluant des marches d’acclimatation dans la vallée de Baksan avant l’assaut final.
Meilleure saison : la période d’ascension s’étend de juin à août, offrant les conditions météo les plus favorables dans le Caucase.


