Sahara Race, Égypte

La Sahara Race

Un Voyage à Travers les Sables Anciens

La Sahara Race est un formidable ultra-marathon de 250 kilomètres (155 miles) qui emmène les concurrents au cœur du désert légendaire d’Égypte. Située à environ 130 km au sud-ouest du Caire, cette course fait partie de la prestigieuse série des 4 Deserts de RacingThePlanet. Tout comme le Marathon des Sables ou la Gobi March, c’est un test d’autosuffisance absolue, obligeant les coureurs à naviguer dans certains des environnements les plus rudes de la Terre tout en transportant tout ce dont ils ont besoin pour survivre.

L’aventure s’étend sur dix jours au total. Après leur arrivée au Caire, les concurrents subissent une journée rigoureuse de briefings et de vérifications de matériel avant d’être transportés au premier camp dans le désert. La course elle-même suit un format exigeant de six étapes sur sept jours : quatre marathons consécutifs sont suivis de la redoutée « Longue Marche »—une épuisante étape de 86 km—un jour de repos obligatoire, et un sprint final cérémoniel de 2 km. Tout au long de la semaine, l’organisation ne fournit que de l’eau et une place dans une tente commune ; le reste—vêtements, équipement de couchage, kits de sécurité et au moins 14 000 calories de nourriture—doit être porté sur le dos du coureur.

Le parcours est une traversée époustouflante de l’histoire géologique et humaine. La course débute aux Lacs de Fayoum dans le protectorat de Wadi El Rayan, avant de se diriger vers le sud dans un océan de sable. Un point culminant de l’itinéraire est le passage à travers la Vallée des Baleines (Wadi Al-Hitan), un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO où des fossiles de baleines préhistoriques sont incrustés dans le sol du désert. Le voyage se termine par l’une des arrivées les plus emblématiques de tous les sports : les Grandes Pyramides de Gizeh.

Le terrain et le climat sont les principaux adversaires ici. Les concurrents doivent maîtriser toutes les variations de sable, des montées brûle-cuisses des dunes molles à la vitesse trompeuse des plaines au sol dur. L’amplitude thermique est également extrême ; les températures diurnes peuvent grimper jusqu’à un stupéfiant 50°C, pour ensuite chuter vers le gel une fois le soleil couché. Préparer un sac qui pèse moins de 10 kg tout en assurant une nutrition de haute qualité suffisante pour soutenir un tel effort est un puzzle logistique qui définit la course. Finir la Sahara Race, c’est endurer une épreuve physique et spirituelle profonde, se terminant aux pieds des anciens Pharaons.

Aperçu de la Course :

  • Distance Totale : 250 km / 6 Étapes.

  • Points de Repère Clés : Wadi El Rayan, Wadi Al-Hitan (Vallée des Baleines), Pyramides de Gizeh.

  • Climat : Pics de 50°C avec un refroidissement nocturne significatif.

  • Format : 100% autosuffisance (sauf pour l’eau).

1er Octobre : Briefing et le Seuil du Sahara

Hier, la ville animée du Caire est devenue le point de rassemblement pour environ 150 concurrents venant de plus de 30 pays. La démographie de la course a connu un changement fascinant cette année, avec un contingent particulièrement fort d’Asie ; les coureurs de Taïwan, du Japon et de Corée du Sud sont exceptionnellement bien représentés, ajoutant à la diversité mondiale du peloton.

Nous avons commencé notre matinée par un dernier petit-déjeuner massif—un moment pour savourer le luxe d’un hôtel avant de passer à sept jours de vie brute dans le désert. À partir de ce soir et jusqu’à samedi prochain, notre existence sera réduite à l’essentiel : repas lyophilisés, sacs de couchage posés directement sur le sable saharien, et une absence totale d’eau pour l’hygiène. Mon sac est prêt, pesant 7,9 kg (poids sec). Cela inclut 4,5 kg de nourriture, totalisant 22 000 calories soigneusement calculées pour me soutenir à travers la chaleur.

Comme c’est toujours le cas avant un événement RacingThePlanet, l’atmosphère aujourd’hui est unique—un mélange puissant d’excitation, d’anxiété, de joie et de doute inévitable. Bien que la compétition sur les dunes soit féroce, il y a un courant sous-jacent de solidarité et de respect. Nous sommes tous unis par la certitude que, à un moment donné sur les prochains 250 km, nous allons tous souffrir. Cette vulnérabilité partagée crée un lien immédiat d’amitié.

La matinée a été occupée par les derniers briefings obligatoires, les autorisations médicales et les vérifications de matériel. À 13h00, nous sommes montés dans les bus pour le trajet de 3,5 heures vers le sud-ouest jusqu’au Camp 1. Le bivouac est spectaculairement situé le long du lac inférieur de Wadi El Rayan, avec les premières dunes de sable massives se dressant directement derrière nos tentes.

Le silence du désert a remplacé le bruit de la ville. Demain, l’horloge démarre avec une étape d’ouverture de 37 km.

Statistiques d’Avant-Course :

  • Participants : ~150 coureurs.

  • Nationalités : 30+ (Forte représentation est-asiatique).

  • Poids du Sac : 7,9 kg.

  • Charge Alimentaire : 4,5 kg / 22 000 kcal.

La course

Étape 1 : Autour des Lacs de Wadi El Rayan – 37,4 km

La première nuit dans le Sahara a été une introduction sereine à la vie dans le désert. Le camp était parfaitement positionné à quelques mètres du bord sud du Lac Al Fayoum. Alors que la température restait fraîche tout au long de la nuit, mon sac de couchage léger fournissait une chaleur suffisante. Dormir directement sur le sable est une expérience unique—bien qu’initialement doux, il finit par se tasser, devenant assez dur et bruyant lorsque vous bougez pendant la nuit.

Le rituel a commencé à 4h45 : un petit-déjeuner rapide de rations lyophilisées, les derniers réglages de matériel et le briefing du matin. À 7h00, la course était lancée. J’ai commencé fort, maintenant un rythme de 11–12 km/h jusqu’au deuxième point de contrôle. Je me suis installé en 6ème position tôt et je me suis concentré sur la défense de ce rang pour le reste de la journée.

Alors que le soleil montait, la chaleur saharienne a commencé à s’imposer. En milieu de matinée, les températures ont atteint 42°C. J’ai senti le début de la surchauffe et, méfiant des coureurs qui se rapprochaient derrière moi, j’ai pris la décision tactique de ralentir. Les 3 derniers km ont été particulièrement éprouvants ; le terrain est passé à un mélange de sable mou et de roches noires absorbant la chaleur. J’ai été forcé de marcher sur cette dernière portion, mais je n’étais pas seul dans ma lutte—la chaleur avait ralenti tout le peloton, me permettant de maintenir ma position.

Le paysage aujourd’hui était typique du désert : de vastes horizons ouverts avec principalement du sable dur et très peu de dunes. Cependant, l’effort incessant de courir pour le classement est mentalement épuisant ; contrairement au trekking, courir rend difficile de manger ou de gérer la nutrition en mouvement. Atteindre la ligne d’arrivée a été un soulagement massif, d’autant plus que le camp restait caché de la vue jusqu’aux 300 derniers mètres.

Je suis arrivé à 11h20, mais pour ceux derrière moi, l’épreuve ne faisait que commencer alors que la température continuait de grimper. En fin d’après-midi, seulement 89 des 150 coureurs avaient atteint le bivouac. Ma principale préoccupation aujourd’hui était le poids de mon sac—porter près de 10 kg (avec l’eau) semblait nettement trop lourd pour mon rythme actuel. Bien que je n’aie pas de nouvelles blessures, la douleur persistante sous mon pied gauche due au surentraînement reste un facteur que je devrai gérer. Demain promet un changement de dynamique : 11 km de piste dure suivis d’un brutal 31 km de dunes.

Étape 2 : "Horizons Sablonneux" – 41,6 km

Après la lutte physique de l’Étape 1, j’ai été surpris par la qualité de ma récupération. Le bon côté de porter un sac lourd est que j’ai beaucoup de carburant ; je m’efforce de manger autant que possible pour alléger la charge et maintenir mes niveaux d’énergie stables. Suite à notre réveil à 5h00, nous avons regardé le lever de soleil sur le Sahara avant de commencer l’étape à 7h00.

La journée a commencé par 11 km de sable dur et rapide, flanqué de dunes imposantes à notre droite. Bientôt, cependant, la route a viré dans le sable profond, nous forçant à une longue montée rythmique vers un haut plateau. Le terrain sur le plateau était trompeur—déchiqueté avec de petites roches qui exigeaient une attention constante au placement des pieds.

J’ai beaucoup mieux géré mon effort aujourd’hui. Apprenant de la surchauffe d’hier, j’ai commencé à un rythme plus contrôlé et me suis concentré sur une hydratation et une nutrition agressives, consommant près de 6 litres d’eau pendant l’étape seulement. J’ai tenu la 8ème place pendant une grande partie de la matinée, mais alors que la chaleur s’intensifiait, j’ai trouvé un second souffle. J’ai réussi à dépasser trois coureurs pour passer en 5ème position, suivant Olivier (France) d’environ un kilomètre pendant près de trois heures. Il était la seule personne que je voyais dans ce vaste paysage vide.

Bien que j’aie connu un « creux » autour du dernier point de contrôle, la géographie de cette étape me convenait mieux. Le gain d’élévation de +450m et les sections de sable mou ont ralenti tout le peloton, faisant ressembler la course plus à une bataille d’usure qu’à un pur concours de vitesse. Le paysage n’était rien de moins que cinématographique—une mer infinie de dunes cédant la place à un haut plateau avec des vues panoramiques sur la nature sauvage égyptienne.

Le Camp 3 était stratégiquement perché sur une colline, offrant un point de vue magnifique. De la ligne d’arrivée, nous pouvions voir les derniers coureurs approcher à des kilomètres—de minuscules points noirs naviguant lentement sur les vagues miroitantes de sable. Arriver tôt (17h22) reste mon plus grand avantage compétitif, me laissant amplement de temps pour soigner les ampoules, manger et me reposer avant que la température ne chute.

Résultats de l’Étape 2 :

  • Vainqueur : Dan Parr (4h07)

  • Mon Rang : 5ème (5h31)

  • Dernier Finisher : 12h02

  • Terrain : Sable dur, plateau rocheux et dunes de sable importantes.

Aperçu Technique : Le Compromis « Poids Calorique »

Courir 41,6 km en 5 heures à 40°C+ brûle entre 4 000 et 5 000 calories. En portant 22 000 calories (4,5 kg), j’accepte un sac plus lourd en échange de la capacité de « manger pour sortir de la fatigue ».

Étape 3 : "À travers la Vallée de Sable" – 42,6 km

L’Étape 3 présentait un tracé diversifié et éprouvant, commençant profondément dans les dunes. La première moitié du parcours était dominée par du sable mou épuisant, qui a finalement cédé la place à un paysage technique de roches volcaniques sombres. Après une ascension exigeante vers un haut plateau pour le Point de Contrôle 3, le sentier s’est enfin dégagé sur du sable plus dur pour l’effort final vers le bivouac.

La journée a commencé par une poussée d’énergie gauloise. J’ai rejoint Olivier et un autre coureur français, Jude. Pendant une partie importante de la matinée, il y avait trois Français dans les six premiers, maintenant un rythme effréné. J’ai effacé la première moitié de l’étape en seulement 2h30, me sentant remarquablement fort et tenant même la 4ème position pendant un temps. Cependant, l’élan a changé lorsque Jude a accéléré, suivi par Olivier ; je ne pouvais simplement pas égaler leur changement de vitesse.

La section entre les Points de Contrôle 3 et 4 s’est avérée être ma « vallée de l’ombre ». La chaleur est devenue oppressante, et le sable mou est revenu, drainant mes dernières réserves. Sur les 9 derniers km, trois coureurs m’ont dépassé. Perdre des places dans les derniers kilomètres est un coup psychologique—frustrant, épuisant, et un véritable test de force mentale. Pour le troisième jour consécutif, les derniers kilomètres ont été une bataille de pure usure. J’ai finalement franchi la ligne en 7ème position de l’étape, ce qui me maintient à une solide 5ème place au classement général.

Physiquement, le bilan s’alourdit. Alors que mes ampoules d’hier sont sous contrôle, deux nouvelles grosses sont apparues. Plus inquiétant est la douleur vive sous mon pied gauche. Le médecin de la course a diagnostiqué une tendinite d’Achille au point d’insertion et a prescrit des anti-inflammatoires. C’est un obstacle gérable pour l’instant, mais cela ajoute une autre couche d’inconfort à chaque foulée.

Malgré la douleur, mon acclimatation à la chaleur s’améliore. J’ai brûlé environ 4 000 calories pendant l’étape, plus 1 800 supplémentaires pour le métabolisme basal. Avec un apport de seulement 3 700 calories par jour, je suis en déficit significatif, mais mon corps semble s’adapter au rythme de « famine ». Je reste en admiration devant les coureurs de fin de peloton qui ont passé près de 12 heures sur le sentier aujourd’hui ; leur résilience est le véritable esprit du Sahara.

Résultats de l’Étape 3 :

  • Vainqueur : Dan Parr (4h14)

  • Mon Rang : 7ème (5h43)

  • Rang Général : 5ème

  • Dernier Finisher : 11h47

Demain apporte notre quatrième marathon consécutif. Les organisateurs promettent un sable plus dur et moins de dunes—ce qui ironiquement signifie un rythme plus rapide et plus implacable à l’avant du peloton.

Étape 4 : "Les Jardins du Castel" – 40,4 km

Le quatrième marathon a débuté avec 137 des 150 concurrents d’origine encore dans l’arène. Pour moi, les 50 premiers mètres ont été un cauchemar. Une ampoule massive au talon—environ 3cm sur 2cm—combinée à plusieurs orteils à vif rendait la course presque impossible. Pour ne rien arranger, l’étape s’est ouverte sur des kilomètres de dunes molles. Le sable mou est l’ennemi ultime des ampoules ; il force le pied à rouler et pivoter à l’intérieur de la chaussure, broyant du gravier dans les plaies ouvertes.

Dès le premier kilomètre, j’avais chuté à la 30ème place. Mes chaussures se remplissaient déjà de sable, mais je refusais de m’arrêter ; perdre cinq minutes pour les vider si tôt semblait être un aveu de défaite.

Miraculeusement, alors que le terrain passait à du sable plat et dur, ma foulée est revenue. C’est un étrange paradoxe du désert que courir fait souvent moins mal que marcher, même si c’est deux fois plus épuisant. J’ai commencé à rattraper les coureurs un par un, atteignant le Point de Contrôle 1 en 8ème position avec le groupe de tête en vue. Près du Point de Contrôle 2, j’ai rattrapé Olivier. Il était en difficulté, alors nous avons fait un pacte pour courir le reste de l’étape ensemble.

Olivier s’attaque actuellement au Défi des 7 Sommets, donc nous avons passé les quelques heures suivantes à échanger des histoires d’alpinisme. Discuter de sommets de haute altitude tout en écrasant la chaleur de 40°C était la distraction psychologique parfaite ; cela nous a permis de maintenir un rythme régulier de 8 km/h sans être obsédés par la douleur. Nous avons finalement été dépassés par deux coureurs japonais incroyablement forts, mais nous avons réussi à creuser l’écart avec le reste du peloton.

Nous avons franchi la ligne ensemble en 5h19 (8ème place). Pour la première fois, la seconde moitié d’une étape a semblé plus facile que la première. Stratégiquement, nous avons traité aujourd’hui comme une séance de « récupération active », sachant que la « Longue Marche » de 87 km se profile demain.

Le lourd tribut du Sahara devient plus visible au camp. Deux de mes camarades de tente ont été forcés d’abandonner aujourd’hui, et plus sombrement, un autre concurrent a nécessité une perfusion et une évacuation d’urgence vers le Caire. Malgré l’attrition, le bivouac reste un lieu de beauté austère. On nous a même accordé un petit luxe : utiliser le surplus d’eau de nos rations quotidiennes pour nous laver les pieds. Dans une course où l’hygiène est inexistante, nettoyer le sable des plaies ouvertes est un rituel vital.

Résultats de l’Étape 4 :

  • Vainqueur : Dan Parr (4h14)

  • Mon Rang : 8ème (5h19)

  • Dernier Finisher : 10h48

  • Hydratation : 10 litres/jour (5L pendant la course, 5L au camp).

Demain est le moment décisif de la Sahara Race : deux marathons coup sur coup à travers la chaleur maximale de la journée.

Étape 5 : "La Marche de l'Océan Téthys" – 86,4 km

La « Longue Marche » a commencé dans une incertitude totale. Mon talon droit était en si mauvais état que je pouvais à peine sortir de ma tente, et mes muscles semblaient bloqués dans un état de fatigue permanente. J’ai fait face à un dilemme tactique : devais-je sprinter les premières heures pour gagner de la distance avant la chaleur maximale, ou adopter un rythme conservateur pour survivre à la nuit ? J’ai choisi la dernière option, m’engageant à un 8 km/h régulier et—crucialement—refusant de me laisser appâter par le rythme des coureurs autour de moi.

J’ai maintenu ce rythme avec succès pendant les 44 premiers km, naviguant à travers le paysage ancien de ce qui était autrefois l’océan Téthys. Cependant, le bilan physique est devenu insupportable au Point de Contrôle 4. J’ai été forcé de m’arrêter pour un changement complet de pansement sur mon talon, et l’équipe médicale m’a fourni une dose nécessaire d’analgésiques pour me permettre de continuer.

À mi-étape, je tenais la 6ème position. Jude était visible devant, mais le rattraper était hors de question. Ma course est passée d’une lutte offensive à défensive alors qu’un vent de face implacable se levait, soufflant sur une portion monotone de sentier qui rendait la course impossible. J’ai passé plus de 40 km dans une solitude totale, combattant le vent et le silence. Quand les rafales se sont enfin calmées, je me suis forcé à reprendre la course, alimenté par la connaissance que l’écart entre moi et les poursuivants se refermait.

J’ai atteint la ligne d’arrivée juste après le coucher du soleil, après 12 heures et 15 minutes sur le sentier. La pression n’a pas relâché jusqu’aux derniers mètres ; le coureur juste derrière moi a franchi la ligne seulement deux minutes plus tard. Bien que j’aie perdu un rang au classement général pour m’installer à la 6ème place au général, je suis immensément fier de la performance. Je suis maintenant une heure derrière Jude et une heure devant Shiro—une hiérarchie qui est restée remarquablement cohérente à travers le désert.

Peut-être l’aspect le plus gratifiant du classement est de voir trois coureurs français dans le top six. Nous avons trouvé notre rythme dans le Sahara.

Résultats de l’Étape 5 :

  • Vainqueur : Dan Parr (9h11)

  • Mon Rang : 7ème (12h15)

  • Rang Général : 6ème

  • Dernier Finisher : 27h13 (Plus d’une journée complète sur le parcours)

La Longue Marche en Chiffres :

  • Distance : 86,4 km (environ deux marathons complets).

  • Perte de Poids : Mon sac est maintenant nettement plus léger car j’ai consommé plus de 3 kg de nourriture.

  • Total Calories Brûlées : Estimé à 9 500 kcal pour la période de 24 heures.

Rest Day – The Siege of the Flies

Alors que la « Longue Marche » est derrière nous, le corps est dans un état de choc profond—le résultat naturel de six marathons en cinq jours, d’un manque de sommeil chronique et du soleil saharien implacable. Pendant les 12 heures passées sur le sentier hier, ma montre a enregistré un stupéfiant 7 200 calories brûlées. Contre cette dépense, j’ai réussi à consommer seulement un quart de cela en carburant lyophilisé, tout en traitant 10 litres d’eau. Les mathématiques du désert résultent toujours en un déficit.

Ce jour de repos est une étrange épée à double tranchant. D’un côté, il est profondément mérité ; de l’autre, c’est un exercice d’endurance psychologique. Nous avons passé la journée à « bouillir » à l’intérieur de nos tentes, ne faisant guère plus qu’éviter des milliers de mouches. Dans le désert, les mouches sont un fléau constant, attirées par l’odeur du sel, de la sueur et de la « viande pourrie » de nos pieds avec ampoules et blessures.

Pour passer le temps, je me suis rabattu sur une vieille habitude d’alpinisme : le Sudoku. La logique répétitive des puzzles m’a rappelé les longues journées passées à attendre la fin des tempêtes dans les camps de base en haute altitude pendant les expéditions. Entre les puzzles, le bivouac était rempli du bourdonnement des conversations. Nous avons échangé des histoires de courses à travers le monde, déjà en train de repérer nos prochains défis avant même que celui-ci ne soit officiellement terminé.

Demain, c’est samedi—le dernier jour. Théoriquement, ce ne sera pas difficile, car nous avons moins de 2 km à parcourir. Le seul véritable obstacle restant est la tâche atroce de forcer mes pieds enflés et bandés à rentrer dans mes chaussures une dernière fois.

Étape 6 : Pyramides de Gizeh – 2 km

Nous avons quitté le camp tôt le matin pour un transfert en bus de 2h30 vers Gizeh. Une fois là-bas, nous avons couru les 2 derniers km au pied des pyramides pour franchir la ligne d’arrivée officielle de la Sahara Race 2011.

Après l’arrivée, nous nous sommes dirigés vers l’hôtel pour une douche bien méritée et la cérémonie de remise des prix. En regardant les résultats finaux, Dan Parr a remporté la course en 25h13, tandis que le dernier finisher, Hee Kyoung Chun, a terminé le parcours en 72h14.

J’ai fini 6ème au général avec un temps total de 33h13, et j’ai obtenu la 1ère place dans ma catégorie d’âge (sur 54 coureurs). C’était une conclusion solide à une semaine exigeante dans le désert.

Résumé de la Sahara Race :

  • Distance Totale : 250 km

  • Mon Rang Général : 6ème (33h13)

  • Rang Catégorie d’Âge : 1er

  • Finishers : 137 sur 150 partants.

Informations

Liste de Matériel

Se préparer pour la Sahara Race a nécessité d’équilibrer un apport calorique maximal contre un poids de sac gérable. Comme j’avais récemment terminé d’autres courses dans le désert, j’ai utilisé un kit éprouvé mais l’ai optimisé pour la chaleur sèche de l’Égypte. Le poids sec de mon sac était de 7,9 kg.

  • Sac : Un sac de course léger de 40L avec une poche étanche dédiée pour l’appareil photo.

  • Vêtements : Un t-shirt technique à manches courtes et un à manches longues, un short moulant et une veste légère imperméable/respirante.

  • Chaussures : Une paire de chaussures de trail running avec des guêtres légères et deux paires de chaussettes rembourrées.

  • Accessoires : Une casquette, un tour de cou (buff) et des lunettes de soleil de catégorie 2-4.

  • Navigation & Suivi : Une montre multisport avec moniteur de fréquence cardiaque et podomètre (pour la distance/vitesse), plus une boussole.

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Nutrition et Hydratation

I carried 4.5 kg of food, totaling 22,000 calories for the week (approx. 3,140 kcal/day).

  • Macronutrient Split: 58.3% Carbohydrates, 25.1% Fats, 16.6% Proteins.

  • Hydration: I averaged 10 liters of water per day—5 liters during the stages and 5 liters for recovery and preparation in camp.

Données Climatiques et Réalité Thermique

Dans les régions de Wadi El Rayan et Faiyum en octobre, la météo est définie par une amplitude thermique extrême.

  • Températures Diurnes : Varient généralement entre 30°C et 38°C à l’ombre, avec des températures au sol sur les dunes dépassant souvent 45°C.

  • Températures Nocturnes : Chutent habituellement entre 15°C et 18°C.

  • Humidité Relative : Extrêmement basse (souvent <20%).

La Sensation de « Froid » : Bien que 15°C ne soit pas objectivement glacial, cela semble significatif dans un contexte de course. Après plusieurs heures de course par 40°C, la température centrale du corps est élevée et les vaisseaux sanguins sont dilatés pour évacuer la chaleur. Lorsque le soleil se couche et que la température chute de 20–25 degrés, le corps—déjà épuisé en énergie et en graisse corporelle—lutte pour s’isoler. Cela rend le briefing du matin et les nuits dans le sac de couchage beaucoup plus froids que le thermomètre ne le suggère, nécessitant l’utilisation de manches longues et d’un sac de couchage approprié pour la récupération.